{"id":2836,"date":"2009-08-06T12:07:12","date_gmt":"2009-08-06T12:07:12","guid":{"rendered":"http:\/\/166"},"modified":"2022-01-04T16:55:52","modified_gmt":"2022-01-04T15:55:52","slug":"e-launet-liberation","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/debats-articles\/e-launet-liberation\/","title":{"rendered":"E. Launet &#8211; Lib\u00e9ration"},"content":{"rendered":"<p>ont la commodit\u00e9 doivent employer cette honn\u00eate libert\u00e9 que notre sexe a autrefois tant d\u00e9sir\u00e9e.\u00bb Les femmes doivent avoir une \u00e9ducation, comme les hommes, et d\u00e9laisser \u00abquenouilles et fuseaux\u00bb pour se saisir de la plume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Statue d\u00e9boulonn\u00e9e<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Tout cela, plus le fait qu&#8217;une biographie tr\u00e8s lacunaire pr\u00eate \u00e0 Louise d&#8217;infinies qualit\u00e9s &#8211; elle sait le latin, l&#8217;italien, l&#8217;espagnol, la musique, est excellente cavali\u00e8re, s&#8217;est initi\u00e9e aux m\u00e9tiers des armes, participe \u00e0 des tournois&#8230; &#8211; a fait de Louise Lab\u00e9 une figure l\u00e9gendaire du proto-f\u00e9minisme. Malheur \u00e0 qui d\u00e9boulonnera la statue !<br \/>\nOr voil\u00e0 que c&#8217;est une femme qui le fait, et qui plus est une femme au s\u00e9rieux et \u00e0 l&#8217;\u00e9rudition largement reconnus: Mireille Huchon. Dans son minuscule bureau de la Sorbonne, la directrice de l&#8217;UFR de langue fran\u00e7aise a le sourire de quelqu&#8217;un qui vient de jouer un bon tour. Comme si elle-m\u00eame venait de plier une jolie cocotte de papier. Sauf que l&#8217;auteure de <i>Rabelais grammairien<\/i> n&#8217;est pas exactement une farceuse, et que son \u00e9tude sur Louise Lab\u00e9 n&#8217;a rien du roman de gare. En analysant les textes, contexte et paratexte, Mireille Huchon dit avoir rep\u00e9r\u00e9 \u00abun faisceau d&#8217;indices\u00bb convergeant vers cette conclusion: ce sont les po\u00e8tes fr\u00e9quentant l&#8217;atelier de l&#8217;imprimeur Jean de Tournes, r\u00e9unis autour de Maurice Sc\u00e8ve et de quelques autres, qui ont cr\u00e9\u00e9 les oeuvres de Louise Lab\u00e9, \u00e0 savoir les vingt-quatre sonnets, le <i>D\u00e9bat de folie et d&#8217;amour<\/i> en prose et trois \u00e9l\u00e9gies. Le <i>D\u00e9bat<\/i> devrait beaucoup \u00e0 Maurice Sc\u00e8ve, les po\u00e9sies \u00e0 Olivier de Magny, Claude de Taillemont, Jacques Pelletier du Mans et autres gentilshommes.<br \/>\nCette controverse autour de Louise Lab\u00e9 ne serait sans doute pas sortie du cercle ferm\u00e9 des seizi\u00e9mistes (quatre cents personnes en comptant large) si l&#8217;historien et acad\u00e9micien Marc Fumaroli n&#8217;avait proc\u00e9d\u00e9 dans le Monde (du 12 mai) \u00e0 une tintamarresque recension de la <i>Cr\u00e9ature de papier<\/i> sous le titre: \u00abUne g\u00e9niale imposture\u00bb. \u00abLa d\u00e9monstration de Mireille Huchon est irr\u00e9futable et r\u00e9jouissante, m\u00eame si elle doit faire rentrer sous terre les ex\u00e9g\u00e8tes et les biographes\u00bb, \u00e9crit Fumaroli. Et plus loin cet adieu lapidaire: \u00abExit Louise Lab\u00e9\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Au nombre des personnes cens\u00e9es se retrouver six pieds sous terre, il y a Madeleine Lazard, qui a publi\u00e9 en 2004 une tr\u00e8s convaincante biographie de la po\u00e9tesse <a href=\"#note1\">(1)<\/a>. Dans son vaste appartement tout entier aux couleurs de la Perse (la sp\u00e9cialit\u00e9 de son mari, l&#8217;orientaliste et linguiste Gilbert Lazard), la pr\u00e9sidente honoraire de la Soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;\u00e9tude du XVIe si\u00e8cle appara\u00eet plus intrigu\u00e9e que catastroph\u00e9e: \u00abMireille est une amie, et elle ne m&#8217;avait rien dit!\u00bb Madeleine Lazard a donc d\u00e9couvert le livre apr\u00e8s publication. Elle loue chez sa coll\u00e8gue \u00abune patience de d\u00e9tective et une admirable \u00e9rudition\u00bb. Mais elle n&#8217;est absolument pas convaincue. \u00abCette argumentation peut s\u00e9duire de bons esprits, mais il faut bien avouer que ces indices ne forment qu&#8217;un faisceau de pr\u00e9somptions. Celles-ci suffisent-elles \u00e0 condamner la po\u00e9tesse Louise Lab\u00e9?\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Condamner, le mot est fort. Dans le fond, Madeleine Lazard reproche \u00e0 sa coll\u00e8gue d&#8217;avoir travaill\u00e9 en pure technicienne sans prendre en compte la qualit\u00e9 des po\u00e8mes et leur unit\u00e9. Cette po\u00e9sie innovait, au milieu du XVIe si\u00e8cle, parce qu&#8217;elle se lib\u00e9rait des sempiternels th\u00e8mes p\u00e9trarquistes et platoniciens, ainsi que de la tradition courtoise. Or, \u00ables po\u00e8tes que Mireille Huchon d\u00e9signe en auteurs probables n&#8217;ont jamais rien fait de comparable\u00bb, note Madeleine Lazard. De toute fa\u00e7on, ne dispose-t-on pas de multiples preuves de l&#8217;existence de Louise Lab\u00e9: t\u00e9moignages, documents notariaux et m\u00eame testament&#8217;<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Instrument de mystification<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Mireille Huchon ne conteste pas l&#8217;existence d&#8217;une Louise Lab\u00e9 de chair mais, pour elle, cette personne n&#8217;aurait \u00e9t\u00e9 qu&#8217;un instrument (volontaire ou pas, on ne sait) de la mystification. \u00abPour le lecteur moderne, la chose peut appara\u00eetre comme une supercherie litt\u00e9raire, mais \u00e0 l&#8217;\u00e9poque tout le monde savait probablement que c&#8217;\u00e9tait une fiction.\u00bb D&#8217;ailleurs, rel\u00e8ve Mireille Huchon: \u00abComment expliquer qu&#8217;en 1555 paraisse ce livre fulgurant, accompagn\u00e9 de l&#8217;\u00e9loge de tous les grands po\u00e8tes lyonnais, et qu&#8217;ensuite on n&#8217;en parle plus du tout pendant des ann\u00e9es&#8217;\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Madeleine Lazard r\u00e9torque que Lyon a connu des ann\u00e9es difficiles peu apr\u00e8s cette publication, avec la peste et l&#8217;invasion des troupes de la R\u00e9forme: \u00abCe ne sont pas des circonstances qui favorisent la po\u00e9sie amoureuse.\u00bb A son tour, la biographe interroge: \u00abComment expliquez-vous que la seule \u00e9dition des OEuvres en dehors de Lyon a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 Rouen (en 1556), sinon par le fait que l&#8217;amant de Louise Lab\u00e9, le banquier Fortini, avait des affaires l\u00e0-bas&#8217;\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Interrompons l\u00e0 cette partie de ping-pong pour donner la parole \u00e0 Fran\u00e7ois Rigolot, professeur de litt\u00e9rature fran\u00e7aise \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 am\u00e9ricaine de Princeton. Cet homme, auteur de plusieurs \u00e9tudes sur la po\u00e9tesse lyonnaise <a href=\"#note2\">(2)<\/a>, d\u00e9fend une position interm\u00e9diaire: Louise Lab\u00e9 a bel et bien exist\u00e9 en tant que po\u00e9tesse, mais \u00abson oeuvre, comme d&#8217;ailleurs beaucoup d&#8217;oeuvres avant la promotion du solipsisme romantique, est sans doute le produit d&#8217;une entreprise collective\u00bb. Dans le texte qu&#8217;il nous a adress\u00e9, titr\u00e9 d&#8217;un fac\u00e9tieux \u00abSupercherie ou superbe ch\u00e9rie?\u00bb, Fran\u00e7ois Rigolot d\u00e9taille quelques suppos\u00e9s pr\u00e9c\u00e9dents: \u00abMarguerite de Navarre ne consultait-elle pas son &#8220;valet de chambre&#8221; &#8211; un certain Cl\u00e9ment Marot &#8211; sur la facture de ses vers et le tour de ses rimes&#8217; Rabelais n&#8217;a-t-il pas \u00e9crit son <i>Pantagruel<\/i> avec le concours actif de ses amis carabins&#8217;\u00bb Le prof de Princeton ajoute: \u00abRonsard lui-m\u00eame, le grand Ronsard, qui embouchait \u00e0 tout moment la trompette de la Gloire pour revendiquer la Priorit\u00e9 dans le renouveau des lettres, ne doit-il pas une bonne partie de son oeuvre \u00e0 ses condisciples de la Pl\u00e9iade?\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Cette id\u00e9e d&#8217;oeuvre collective, avec ou sans Louise, laisse Fran\u00e7oise Charpentier tr\u00e8s sceptique. Cette sp\u00e9cialiste du XVIe, qui, en 2001, a supervis\u00e9 l&#8217;\u00e9dition des po\u00e9sies de Lab\u00e9 chez Gallimard, souligne que les <i>OEuvres<\/i> de la Lyonnaise forment un ensemble coh\u00e9rent, avec des particularit\u00e9s de style et de pens\u00e9e que l&#8217;on retrouve d&#8217;un texte \u00e0 l&#8217;autre: \u00abJ&#8217;ai du mal \u00e0 croire que cela soit le fruit d&#8217;un travail \u00e0 plusieurs mains.\u00bb Travail d&#8217;ailleurs si coh\u00e9rent qu&#8217;il a fait l&#8217;an dernier son entr\u00e9e au programme de l&#8217;agr\u00e9gation de lettres modernes!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Reste \u00e0 \u00e9valuer ce que l&#8217;identit\u00e9 r\u00e9elle de son auteur ajoute ou retranche \u00e0 la qualit\u00e9 d&#8217;une oeuvre qui vaut en partie par l&#8217;affirmation d&#8217;un point de vue singulier: celui d&#8217;une femme de la Renaissance. \u00ab\u00c7a m&#8217;est parfaitement \u00e9gal que ces <i>OEuvres<\/i> soient ou non de Louise Lab\u00e9. Si c&#8217;est de quelqu&#8217;un d&#8217;autre, ce quelqu&#8217;un a du talent\u00bb, estime Fran\u00e7oise Charpentier, qui ne peut s&#8217;emp\u00eacher de penser qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une quelqu&#8217;une.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Homme, femme, les deux, plusieurs&#8217;<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Pour Fran\u00e7ois Rigolot, de Princeton, une production coop\u00e9rative ajouterait du sel \u00e0 l&#8217;affaire: \u00abMontaigne portait aux nues &#8220;l&#8217;art de conf\u00e9rer&#8221; et c&#8217;est bien cet art de la coop\u00e9ration qui rend la production des si\u00e8cles pass\u00e9s si \u00e9mouvante et si riche aux yeux des Modernes.\u00bb Louise Lab\u00e9 \u00e9tait assez s\u00e9duisante en premi\u00e8re figure du f\u00e9minisme, mais en cr\u00e9ature de papier elle n&#8217;est pas mal non plus: la supercherie n&#8217;est-elle pas consubstantielle de la fiction&#8217; Ne jalonne-t-elle pas toute l&#8217;histoire litt\u00e9raire? Ainsi Clotilde de Surville, po\u00e9tesse du XVe si\u00e8cle dont les textes enthousiasm\u00e8rent les Romantiques jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;on r\u00e9alise que cette \u00e9crivaine, \u00e9tait pure invention. Ainsi Clara Gazul, n\u00e9e de l&#8217;imagination de M\u00e9rim\u00e9e. Ainsi, c\u00f4t\u00e9 hommes, Emile Ajar auquel Romain Gary est all\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 donner les traits de son neveu Paul Pavlowitch. Et puis encore Jeanne Flore, Louvign\u00e9 du D\u00e9zert, Marc Ronceraille, Colombine de Sennebon, Vernon Sullivan et m\u00eame les \u00ab22 lyc\u00e9ens\u00bb auxquels ce journal a cru longtemps, au point de publier leurs lettres, avant que ne se d\u00e9masque leur v\u00e9ritable auteure, une demoiselle B. de Lyon <a href=\"#note3\">(3)<\/a>.<br \/>\nSur Louise Lab\u00e9, il est probable que nous n&#8217;aurons jamais le fin mot de l&#8217;histoire. Homme, femme, ou les deux, ou plusieurs&#8217; \u00abAu train o\u00f9 vont les choses, Louise Lab\u00e9 risque de passer du statut d&#8217;ic\u00f4ne des <i>gender studies<\/i> \u00e0 celui d&#8217;ic\u00f4ne des <i>queer studies<\/i> <a href=\"#note4\">(4)<\/a>\u00bb, sourit Mireille Huchon en nous priant de ne surtout pas la prendre au mot.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\">Pauvre Louise: \u00abJe vis, je meurs, je me br\u00fble et me noie\u00bb (sonnet VIII).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><a name=\"note1\"><\/a>(1) Louise Lab\u00e9, Fayard.<br \/>\n<a name=\"note2\"><\/a>(2) Notamment <i>Louise Lab\u00e9 ou la Renaissance au f\u00e9minin<\/i>, Honor\u00e9 Champion Ed.<br \/>\n<a name=\"note3\"><\/a>(3) Pour une liste compl\u00e8te, voir <i>Supercheries Litt\u00e9raires<\/i>, de Jean-Fran\u00e7ois Jeandillou, Droz Ed.<br \/>\n<a name=\"note4\"><\/a>(4) <i>Gender<\/i> et <i>queer studies<\/i> d\u00e9signent aux Etats-Unis les \u00e9tudes relatives aux implications sociales et culturelles du masculin, du f\u00e9minin et du transgenre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Edouard Launet (<i>Lib\u00e9ration<\/i>, vendredi 16 juin 2006)<\/b><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ont la commodit\u00e9 doivent employer cette honn\u00eate libert\u00e9 que notre sexe a autrefois tant d\u00e9sir\u00e9e.\u00bb Les femmes doivent avoir une \u00e9ducation, comme les hommes, et d\u00e9laisser \u00abquenouilles et fuseaux\u00bb pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":0,"parent":2831,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":[],"_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false},"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.0","language":"en","enabled_languages":["fr","en"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"en":{"title":false,"content":true,"excerpt":false}}},"ticketed":false,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2836"}],"collection":[{"href":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2836"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2836\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9489,"href":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2836\/revisions\/9489"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2831"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ancien.siefar.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2836"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}